Électricité

Enduit chaux sur bois : les 5 étapes dans l'ordre (et le support qui fait tout tenir)

Enduit chaux sur bois : les 5 étapes dans l'ordre (et le support qui fait tout tenir)

Un enduit chaux sur bois ne tient jamais posé en direct : il tient sur un support d'accroche fixé au bois, puis sur trois couches de mortier de plus en plus maigres. L'ordre est toujours le même : contrôler le bois, poser le support, gobetis, corps d'enduit, finition. Comptez 20 à 25 mm d'épaisseur totale et un mois avant la dernière couche sèche à cœur. Tout se joue sur le support, et en façade sur la lame d'air qui le ventile.

Pourquoi la chaux ne tient pas directement sur le bois

La chaux s'accroche en pénétrant un support rugueux et poreux. Le bois raboté n'est ni l'un ni l'autre, et il bouge : une planche de résineux de 20 cm varie de 1 à 2 mm entre hiver et été. L'enduit fissure aux joints puis se décolle par plaques.

L'OSB cumule les défauts : résines et cires qui ferment la surface, rives qui gonflent à l'humidité, taches sombres sous l'eau du mortier. Sur OSB comme sur planches, un support d'accroche s'impose.

Étape 1 : vérifier que le bois est sain, sec et fixe

Le bois doit afficher moins de 18 % d'humidité à l'humidimètre, sans trace de pourriture ni d'insectes : un coup de poinçon qui s'enfonce de plus de 5 mm signale une pièce à remplacer. Toute pièce qui fléchit sous la main est revissée. Sur chêne ou châtaignier, les tanins migrent : l'enduit les arrête, un simple badigeon non.

Figez aussi la composition de la paroi : isolant, frein-vapeur côté chaud, enduit perméable côté froid. Pour un colombage ou une ossature à isoler, l'atelier-conseil en éco-rénovation détaille l'ordre isolation puis enduit. Trancher avant le support évite de casser un enduit neuf.

Étape 2 : poser le support d'accroche, celui qui fait tout tenir

Le support offre au mortier une grille où s'ancrer mécaniquement. Son choix dépend de l'exposition à la pluie.

En intérieur : canisse, lattis ou jute

  • Canisse (roseau refendu) agrafée tous les 10 cm, lames horizontales : 2 à 4 €/m², l'accroche la plus simple.
  • Lattis bois : liteaux de 25 mm espacés de 6 à 10 mm, pour que le gobetis passe derrière et forme des « clés ».
  • Jute ou toile marouflée : réservée aux petites surfaces, poutre ou linteau.

En extérieur : pare-pluie, lame d'air et métal déployé

En façade, la séquence est fixe. Pare-pluie sur l'ossature, puis tasseaux verticaux de 22 à 27 mm pour une lame d'air ventilée d'au moins 20 mm. Ensuite, métal déployé doublé de papier kraft côté mur (lattis métallique à kraft), nervures perpendiculaires aux tasseaux, lés recouverts de 5 cm. Agrafes de 30 mm minimum en inox A4 : la chaux humide attaque le galvanisé et la rouille marque l'enduit. Sans kraft ni lame d'air, ce support se limite à une bande de 40 cm sous débord de toit.

Limite à connaître : un enduit chaux sur canisse ou sur ossature bois ne relève d'aucune norme ni d'aucun avis technique. Faites préciser la couverture décennale par écrit sur le devis.

Étape 3 : projeter le gobetis

Le gobetis est une couche d'accroche fluide et riche : 1 volume de NHL pour 1 à 1,5 volume de sable 0/4, projetée à la truelle sur 3 à 5 mm sans lisser. Sur canisse ou lattis, on l'enfonce entre les lames : une première couche restée en surface se décolle par plaques. Humidifiez la veille, sans détremper le bois. Laissez durcir 48 à 72 heures, jusqu'à ce que l'ongle ne raye plus la surface.

Étape 4 : monter le corps d'enduit avec sa trame

Le corps d'enduit (ou dégrossi) donne la planéité et l'essentiel de l'étanchéité. Dosage : 1 volume de chaux pour 2,5 à 3 de sable, en NHL 2 dehors, en CL 90 ou NHL 2 dedans ; la NHL 3.5, plus rigide, supporte mal les mouvements du bois.

Épaisseur : 12 à 15 mm, soit 15 à 20 mm avec le gobetis, comme le fixe le guide ATILH-UMGO sur l'enduit à la chaux hydraulique naturelle en référence au NF DTU 26.1. Au-delà de 15 mm en une passe, la surface sèche avant le cœur et faïence.

Noyez une trame fibre de verre à mi-épaisseur du mortier frais, recouvrement 10 cm, plus des mouchoirs à 45° aux angles des fenêtres. Dressez à la règle, puis talochez quand le mortier « tire », 3 à 8 heures après la pose. Attendez 7 jours au minimum avant la finition.

Étape 5 : appliquer la finition ou le badigeon

La finition se pose sur 3 à 5 mm, avec un mortier plus maigre que le corps : 1 volume de chaux pour 3 à 4 de sable fin 0/2. Une finition plus dosée que la couche du dessous se tend et fissure. CL 90 dedans, NHL 2 dehors. Le séchage à cœur demande 21 à 28 jours, puis un lait de chaux se renouvelle tous les 10 à 15 ans. Un badigeon ou lait de chaux se passe aussi directement sur bois brut non traité, mais c'est une peinture de 1 mm, pas un enduit : il ne masque ni les joints ni les mouvements du bois.

Couche Dosage chaux : sable Épaisseur Délai avant la suivante Gobetis 1 : 1 à 1,5 (NHL) 3 à 5 mm 48 à 72 h Corps d'enduit + trame 1 : 2,5 à 3 (NHL 2 ou CL 90) 12 à 15 mm 7 jours minimum Finition 1 : 3 à 4 (sable 0/2) 3 à 5 mm 21 à 28 jours à cœur

Pour 10 m² à 22 mm, prévoyez 450 kg de mortier gâché, soit 3 sacs de chaux de 25 kg à 17 € pièce et 300 kg de sable, pertes comprises.

Les 5 erreurs qui font décoller un enduit chaux sur bois

  • Enduire le bois nu ou l'OSB : décollement en quelques mois, quel que soit le dosage.
  • Coller le métal déployé sur le pare-pluie sans lame d'air : l'humidité piégée fait gonfler l'ossature.
  • Tout charger en une passe de 25 mm : fissures de retrait garanties.
  • Travailler hors de 5 à 30 °C, au soleil ou au vent : l'eau part avant la prise. Bâchez 48 h contre la pluie et 7 jours contre le gel.
  • Ajouter du ciment « pour que ça tienne » : trop rigide et étanche, il casse et enferme l'humidité contre le bois.
  • Notre conseil : faites un essai d'un mètre carré sur le support réel et attendez trois semaines. S'il sonne creux au manche de marteau, toute la façade sonnera creux.
    Bastien Barbier

    Bastien Barbier

    Bastien Barbier est journaliste indépendant spécialisé dans les domaines de l’électricité, de la plomberie ainsi que de la peinture et des revêtements. Depuis plus de dix ans, il couvre les sujets liés aux normes d’installation, aux techniques de rénovation et aux innovations en matière de matériaux. Son travail s’appuie sur des enquêtes de terrain et des entretiens approfondis avec des professionnels du bâtiment.

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